Allen est un alien: il vient d'un autre monde gouverné par
ses manies, ses codes et ses lubies. Dans ses films, les mamans
castratrices volent dans le ciel, les psys fricotent avec leurs
patients, les médecins tombent amoureux de brebis grecques et
la magie l'emporte toujours sur la réalité. Ce drôle de Zelig
a définitivement conquis la France, sa patrie d'adoption, et
son dernier film Escrocs mais
pas trop est sorti dans nos salles. Zoom
sur le maestro
L'enfant
de Midwood fuit les interviews
et boycotte les remises de prix et autres festivals. Ce misanthrope
aussi timide que méfiant se plaît à brouiller les pistes. Sa propre
vie lui inspire ses scénario ; l'Artiste emprunte à l'Homme le
matériau de ses réalisations. Cette démarche a souvent été incomprise
et en a irrité plus d'un. Récemment, on pouvait lire dans
un magazine féminin : "Peu ou prou
c'est toujours le même film. Une autobiographie en trente épisodes
qui vire au ressassement" . Il serait évidemment injuste et
superficiel de porter crédit à une telle critique. En
effet, Woody Allen se raconte au fil des bobines mais ce faisant
il rejoint nos propres angoisses. Comme le souligne
à juste titre Pierre Desproges"Seul Woody Allen a su
répondre à ces angoissantes questions de la condition humaine,
et sa réponse est négative : "Non seulement Dieu n'existe pas,
mais essayez de trouver un plombier le week-end !".
"Mon
seul regret dans l'existence est de ne pas être quelqu'un d'autre".